Le blog des routiers europa-scouts
28 Mai 2013
Cet article est issu du numéro 85 de la revue Europa Scout, et a été écrit par Franck, RS, assistant commissaire national route
L’Angelus est, par excellence, la prière de la Route, pour rythmer nos journées de marche et notre vie.
Le pape Jean-Paul II disait : « L’incarnation du Verbe et la Rédemption de l’homme sont étroitement liées à l’Annonciation, où Dieu révéla son dessein à Marie et trouva en elle, jeune comme vous, un coeur totalement disponible à l’action de son amour. Depuis des siècles, par la récitation de l’Angelus Domini, la piété chrétienne rappelle chaque jour l’entrée de Dieu dans l’histoire des hommes. Puisse cette prière méditée quotidiennement devenir votre prière ! »
Pour mieux la comprendre, pour aimer cette prière et la faire nôtre, il est important de connaître son origine. Pour cela je laisse la parole, ou plutôt la plume, à l’abbé E. Peyron qui consacre un chapitre à l’histoire de l’Angelus dans son livre Histoire de Notre-Dame du Puy et de son jubilé.
En voici un condensé : L’origine de l’Angelus, dans sa forme première, se perd dans la nuit des temps. Comme les architectes de nos merveilleuses cathédrales, qui ont caché leur nom sous le voile de l’humilité, l’auteur de l’Angelus est inconnu. De cette admirable prière, il faut dire avec Tertullien : « Sa source est dans la tradition, l’usage la confirme et la foi la pratique ».
l’Angelus est une prière instituée par l’église pour honorer le mystère de l’Incarnation du Fils de Dieu, par conséquent la maternité divine de Marie, ainsi que la rédemption du genre humain. Cette prière rappelle donc à toutes les générations les immenses bienfaits dont ce mystère a été, et dont il continue d’être, la source. On l’appelle Angelus, parce qu’elle commence par ce mot. Elle se compose de trois antiennes ou versets et trois Ave Maria, suivis d’un quatrième verset, d’un répons et d’une oraison dans laquelle on demande à Dieu sa grâce et le salut éternel par les mérites de Notre-Seigneur Jésus-Christ. l’Angelus se récite trois fois le jour : le matin, le midi et le soir, au son de la cloche qui tinte trois fois.
Cette prière au son de la cloche constitue une création inconnue du monde païen et que le monde chrétien n’admirera jamais assez. Mais ce n’est que par degrés qu’elle est arrivée à la forme complète sous laquelle nous la connaissons et nous la pratiquons aujourd’hui.
Primitivement, l’Angelus ne se sonnait et ne se récitait que deux fois par jour, le matin et le soir. Un savant bénédictin du XVIème siècle, Arnold Vion, raconte que ce fut le Pape Urbain II qui, en 1090, ordonna pour la première fois de réciter l’Ave Maria de cette manière. C’était au moment du Concile assemblé à Clermont pour la première croisade. Le Pape, sachant qu’il était impossible que les prières d’un grand nombre ne soient pas exaucées, ordonna, qu’à partir du jour où l’armée chrétienne se mettrait en campagne pour recouvrer la Terre Sainte, le soir et le matin, dans toutes les églises du monde chrétien, tant cathédrales qu’abbatiales, trois coups de cloche inviteraient les fidèles à la récitation de l’Ave Maria.
L’intention du Pape Urbain II était d’obtenir de Dieu, qu’à ce signal Il daigne, par Sa bonté, rendre l’armée chrétienne victorieuse de ses ennemis…
A la voix du Saint-Père, la récitation de l’Angelus, le matin et le soir, devint aussitôt populaire. Il en fut ainsi jusqu’au commencement du XIIIème siècle (1239). Le Pape Grégoire IX, s’apercevant d’un certain ralentissement dans la récitation de l’Angelus, ordonna que la triple salutation angélique soit de nouveau récitée dans tout le monde, matin et soir, à genoux et au son de la cloche.
Quatre ans plus tard (1243), le Concile de Cologne renouvela cette ordonnance, mais il ajouta en outre cette prescription : tous les vendredis, à midi, on sonnera et on récitera l’Angelus, en mémoire de la Passion de Notre-Seigneur. C’est la première fois où il fut question, dans l’histoire, de l’Angelus de midi, mais seulement le vendredi.
C’est au Puy-Sainte-Marie que nous voyons s’établir, pour la première fois, l’usage de réciter et de sonner l’Ave Maria, non seulement le matin et le soir, mais aussi tous les jours, à midi. Voici comment nos chroniques racontent ce fait :
« En 1449, une pieuse veuve du Puy, nommée Agnès Montel, par zèle pour la gloire de la Mère de Dieu, commença à constituer une rente perpétuelle pour que le matin, à midi et le soir, on avertît le peuple au son de la cloche que c’était l’heure de se recommander à la Vierge et de la saluer avec l’ange, en mémoire de l’Incarnation du Fils de Dieu ».
Cette pratique se répandit bientôt du Puy dans toute l’église et en 1455 le Pape Calixte III en consacra définitivement l’usage par une Bulle qu’il accompagna de très riches indulgences.
Pour terminer, je vous salue comme beaucoup de RS aiment à terminer leurs courriers et pour manifester notre communion : « Unis par l’Angelus ».L’Angelus doit aussi être pour nous, guides aînées, routiers, une occasion quotidienne de communion fraternelle dans le Christ, en union de prières.