Le blog des routiers europa-scouts
25 Mars 2015
Aujourd'hui est le jour de l'Annonciation. C'est une fête de première classe pour l'Eglise catholique. Avec la Saint Joseph six jours plus tôt, ce sont les deux fêtes qui arrivent en plein carême. C'est tout à fait atypique de placer de si grandes fêtes en plein milieu d'un temps de pénitence et d'efforts. Si l'Eglise a décidé de ces moments-là, ce n'est pas par hasard, il y a des enseignements à tirer.
Tout d'abord, cela n'échappe à personne, nous sommes le jour anniversaire de la conception de Jésus, neuf mois avant sa naissance le jour de Noel, jusque là c'est normal. Selon le catéchisme de l'Eglise catholique, l'Annonciation est le commencement de la dernière des 5 étapes de le Révélation (après la Genèse, Noé, Abraham et l'arche d'alliance de Moise). A chaque étape Dieu renouvelle son alliance avec les hommes. Dans la Genèse il fixe les règles du jardin d'éden, puis les nouvelles règles après le péché originel. Il promet ensuite à Noé de ne pas recommencer le Déluge, avec le célèbre épisode de l'arc-en-ciel scellant la promesse. A Abraham il fait fonder le peuple élu, le peuple d’Israël. Enfin il confie à Moise les tables de la loi, lui montrant comment le servir. L'accomplissement de tout cela est la venue du Sauveur pour racheter les péchés du monde, la venue de Jésus. Imaginons-nous la portée du "Fiat" de la Sainte Vierge? C'est le seul moment de la Bible où Dieu s'est abaissé à requérir l'approbation d'un être humain pour la révélation, pour montrer que cette étape est décisive et que la libération de l'homme était en marche: à nous de choisir dorénavant. Auparavant Dieu punissait collectivement les peuples (les 7 plaies d’Égypte pour les égyptiens, traversée du désert à cause du veau d'or pour les juifs...), maintenant chacun doit prendre ses responsabilités. Symboliquement, ce "fiat" est le moment le plus crucial de l'histoire de l'humanité. Maintenant que nous sommes rachetés par Dieu, nous sommes libres. Rappelons-nous cela en ce jour.
Malgré cette immense responsabilité, Marie n'a pas eu peur. Elle avait toutes les raisons de craindre. Quand l'archange Gabriel lui a annoncé la nouvelle que Dieu l'avait choisie pour porter le Sauveur, Marie a simplement demandé : "Comment cela se fera-t-il, je ne connais pas d'homme?" Aucune peur, pas de crainte, pas de remise en question de la volonté divine! Elle ne demande qu'une précision car elle ne comprends pas comment cela va se produire: réaction bien humaine. "Comment cela se fera-t-il?" Cette confiance doit nous animer au quotidien. Quand on est certain que la volonté de Dieu est que nous fassions telle ou telle chose, il faut se lancer avec confiance: Dieu ne veut rien qui soit au-dessus de nos forces, Marie le savait. Pourtant, savait-elle ce qu'elle allait subir: la fuite en Égypte avec les sbires d'Hérode aux trousses, le recouvrement de Jésus au temple, la vie publique, la mort, la Résurrection de Jésus, l'Ascension, les premières persécutions... On l'appelle Notre-Dame des sept Douleurs. Mais elle a tout surmonté. Nous aussi nous pouvons surmonter toutes les épreuves que Dieu nous envoie, à l'image de Marie ou de Job.
Saint Joseph, le pilier de la Sainte Famille. Face à Jésus et Marie, il tranche beaucoup. Lui est un homme qui pèche malheureusement. Jésus et Marie non. Pourtant, sans lui, ni Jésus ni Marie n'auraient pu accomplir leur travail. Malgré sa faiblesse dont il est conscient, il a le courage et la confiance de suivre aussi la volonté de Dieu: il ne renonce pas à épouser Marie, et il fuit en Égypte d'après le conseil qu'il a reçu en songe. Jésus s'est certes confié à une femme dont la conception est immaculée (dogme défini par Pie XII), mais il a confié également sa vie à un homme pécheur, comme nous tous. Comme saint Joseph, nous devons voir notre prochain comme un enfant de Dieu, comme Jésus l'était. Si sa fête est un peu avant l'Annonciation, c'est pour rappeler que nous avons une part de responsabilité dans l'accomplissement de la Révélation, même si la grande part est supportée par Jésus.
En cette fin de carême, sachons avoir confiance en ce que Dieu veut comme Jésus a fait confiance à ses parents.